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Porcelaines d’exception : les marques chinoises à connaître

  • Photo du rédacteur: Artmediary
    Artmediary
  • 18 févr.
  • 3 min de lecture

La porcelaine chinoise, synonyme d’élégance, séduit les amateurs d’art depuis des siècles de par sa translucidité, sa dureté et sa finesse exceptionnelle. Plus qu’un simple objet décoratif, elle porte une marque spécifique qui révèle son origine, son authenticité et son histoire. Les marques, véritables signatures des artisans et des dynasties sont essentielles pour permettre aux passionnés d’art de comprendre et d’apprécier les trésors céramiques chinois qui leur sont présentés.



Vase avec neuf pêches, Chine, dynastie Qing, marque et période Qianlong (1736-1795), conservé au MET, New York
Vase avec neuf pêches, Chine, dynastie Qing, marque et période Qianlong (1736-1795), conservé au MET, New York

Avant la dynastie Ming (1368-1644), les porcelaines chinoises étaient rarement marquées. C’est sous le règne de l’empereur Xiuande que les marques impériales ont été généralisées sur les pièces de porcelaine. À l’époque, les fours Jingdezhen produisaient surtout des bleus et blancs et quelques porcelaines dites « doucaï ». Sous Xiuande, les personnes à l’origine des pièces apocryphes étaient condamnées à mort. Plus tard, l’empereur Changhua a repris la pratique en faisant apposer des marques sur les pièces impériales et en continuant les expériences de polychromes avant de donner naissance aux porcelaines « woucaï » à cinq couleurs. Aujourd’hui, les pièces produites sous la dynastie Ming et en bon état peuvent valoir plusieurs millions d’euros.

 

Sous la dynastie Qing (1644-1912), on développait un système de datation avec les « nianhao » signifiant « nom d’années » et qui permettaient d’attribuer un nom à une ou plusieurs années d’un règne ou d’un empereur. Ainsi, un empereur pouvait avoir plusieurs nianhao qui renseignaient le nom de la dynastie, l’époque et parfois le lieu de fabrication. En ces temps, la principale signature était celle de l’empereur kangxi, où aucun compromis n’était accepté quant à la qualité des porcelaines. Grâce à la démocratisation de cette pratique, les marques nous donnent aujourd’hui des indices quant à la date de création de l’objet, son origine ou encore ses usages.  

















Tasse de poulet, Chine, dynastie Ming, marque et période Chenghua (1465-1487), conservé au MET, New York



Les marques sont reconnaissables grâce aux sinogrammes apposés sous la base des pièces ou plus rarement, sur le rebord en une seule et même ligne. Elles peuvent être présentées selon différents styles : elles peuvent être estampillées, peintes à la main, incisées voire même imprimées. Il est nécessaire d’accorder une grande importance à ces marques puisqu’avec le temps elles ont été copiées et usurpées. Les marques apocryphes peuvent être décelées en regardant prudemment les décors et procédés de fabrication qui doivent correspondre à l’époque de la marque. Une différence de qualité, de style ou de couleur pourrait révéler l’existence d’une reproduction.

 

Cette signature doit toutefois répondre à certains critères pour pouvoir être correctement déchiffrée.

 

Il existe différents types de marques. Parfois, il peut s’agir de marques à motifs symboliques ou d’emblèmes. Les motifs décoratifs peuvent représenter des objets précieux, des emblèmes bouddhiques. On trouve aussi des dédicaces, des vœux de bonheur, de prospérité, de richesse, de longévité et parfois même des poèmes sur certaines pièces. Mais en général ce sont des marques impériales qui sont apposées sur les porcelaines chinoises.  Celles-ci se caractérisent par quatre ou six caractères disposés sur deux ou trois colonnes. Les caractères sont en général peints en bleus sous couverte, ordonnés en lignes et colonnes, avec souvent, un double cercle d’entourage ou un carré en forme de sceau ou de cachet. Les traits doivent être fins, nets et constants.



Tabatière avec des garçons entrain de jouer, Chine, dynastie Qing, marque et période Daoguang (1821-1850), conservé au MET, New York


La lecture d’une marque se fait de droite à gauche et de haut en bas. Elle peut être écrite en traditionnel Kaishu script ou en sigillaire. S’il s’agit d’une écriture en sigillaire la colonne de droit signifiera la dynastie, celle du centre indiquera le nom de l’empereur et celle de gauche servira seulement à indiquer le terme « sous le règne de ». Et dans les cas où seraient seulement inscrits quatre caractères, c’est que la dynastie n’a pas été précisé.

 

Finalement, les marques de porcelaine chinoise offrent une fenêtre précieuse sur l’histoire et l’artisanat de la Chine. Elles permettent de dater et d’authentifier les pièces, révélant des détails sur leur origine et leur qualité. En déchiffrant ces marques, les collectionneurs et les historiens enrichissent leur compréhension de cet art raffiné, préservant ainsi un héritage culturel d’une grande richesse.


Références :




 
 
 

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